jeudi 19 septembre 2013

Cosa extranas vues au fil de mes promenades

Une fois n'est pas coutume, voici un post essentiellement en images. Y por que no, maintenant que je peux enfin télécharger mes photos comme je veux? Bref, à force de me promener un peu partout dans les rue de Buenos Aires et de Mendoza, fatalement, je croise des choses surprenantes ou amusantes. Petit florilège des derniers jours.


De l'eau rouge plaza de Chile
 


Alors, cette semaine on fête le Chili (c'est la fête nationale là-bas) sur la place du Chili. Jusque-là, logique. Et comme l'une des couleurs du drapeau, c'est le rouge, bin l'eau de la fontaine est devenue rouge, elle aussi... Personnellement ça me fait plutôt penser à un bain de sang mais je dois lire trop de polars, il faut que j'arrête :)










Une librairie dans un ancien théâtre de Buenos Aires
Je vous présente l'Athnéo. Cet ancien théâtre, magnifique, a été reconverti en une librairie géante, où les alcôves servent de salon de lecture. Sur la scène, un café où vous pouvez feuilleter les ouvrages tout en sirotant un café con leche.

Des poubelles en hauteur = moins de bêbêtes qui viennent fouiller dedans









Ceux qui habitent à la campagne le savent : il n'est pas rare qu'une bestiole affamée vienne éventrer les sacs poubelle pendant la nuit. Pas très très agréable de retrouver ses déchets étalés au grand jour, surtout qu'en plus, il faut ensuite les ramasser. Les Argentins ont trouvé LA solution : ils mettent leur poubelles en hauteur. C'est tout simple, mais il fallait y penser. Les Brésiliens font pareil, avec des crochets.
Pédaler en papotant sur un banc, pourquoi pas?




Vous avez toujours rêvé de pouvoir brûler des calories en restant les fesses sur une chaise? Voici la solution : dans Puerto Madero, les anciens docks rénovés de Buenos Aires, vous pouvez pédaler tout en mangeant votre sandwich du déjeuner sur un banc.









Une petite cotelette ?
La viande, une véritable institution ici. Mieux vaut toutefois l'aimer bien cuite et bien salée. La cuisson traditionnelle se fait très lentement, au feu de bois, avec des morceaux de viande assaisonnés de gros sel.
Petits appétits s'abstenir, le baby steack peut faire dans les 500 grammes. Quand je vous dis que les Argentins sont généreux !

Un pays de contradictions économiques

Des Argentins très politisés, très concernés par l'économie et passionnés de débats.
Houla, voilà un post bien sérieux pour un mercredi soir. Mais ça fait plusieurs jours que j'y pense. Ca m'est venu en discutant avant mes deux "potes de conversation" argentins. En arrivant à Buenos Aires, franchement, la première impression, c'est qu'on est dans n'importe quelle grande capitale, plutôt côté Amérique du Nord, avec un petit côté européen désuet, rapport aux nombreux buildings construits façon Haussmann. Buenos Aires est même plus moderne que Paris a bien des égards. Ici on se connecte au wifi gratuitement n'importe où, les voitures sont flambant neuves (et pas amochées par les accrochages et autres incidents de parkings successifs dont sont victimes les véhicules parisiens...) et les filles habillées à la dernière mode (automne-hiver, saisons inversées obligent). Les garçons sont développeurs ou architectes, ils parlent 4 ou 5 langues et ont voyagé de par le monde. Oui, l'Argentine vit comme n'importe quel autre pays développé. Et point d'ailleurs au 45e rang mondial en termes d'indice de développement humain (IDH) pour autant que ça veuille dire quelque chose.

Et pourtant, ce n'est que la face visible de la médaille. Grattez un peu et la vérité est tout autre. "Oui, nous avons l'air de vivre comme vous, sauf que le système est beaucoup plus fragile que le vôtre" m'explique un Argentin. Ici, le système peut s'effondrer d'un jour à l'autre, c'est d'ailleurs ce qui se passe à peu près tous les dix ans. Dernière crise en date : 2001. La parité peso/dollar est brisée, en quelques jours le système s'effondre, la moitié de la population se retrouve sous le seuil de  pauvreté. Et puis le système se remet en route, mais selon les mêmes rouages qu'avant la crise. "Ils refont les mêmes erreurs, qui conduisent fatalement aux mêmes conséquences."

En ce moment, c'est l'inflation qui régit la vie de tous les Argentins. +30% en un an. Les salaires suivent-ils? "Ils augmentent, mais pas autant, bien sûr" m'explique un autre interlocuteur. Et pendant ce temps-là, que fait le gouvernement? Il ferme ses yeux et ses oreilles. Les chiffres officiels ne reflètent en rien la réalité sur le terrain. Tous les Argentins que j'ai rencontrés le disent et je le vérifie moi-même chaque jour. Entre les prix annoncés par mon guide de 2013 (écrit en 2012, donc) et les prix réels, il y a souvent une différence du simple au double.

Pour retarder l'effondrement du système, l'état fait donc travailler la planche à billets. Et restreint l'accès aux autres monnaies, ce qui conduit à des pratiques surprenantes. L'autre jour, je voulais changer des dollars. Le taux de change officiel est assez bas, moins de 7 pesos pour 1 USD dans les boutiques officielles. En revanche, au restaurant, si je paie en dollars, tout de suite l'addition diminue. Même chose à mon hostel où je réussi à changer 150 dollars à raison de plus de 8 pesos le dollar. Une valeur sûre, à laquelle les Argentins n'ont pas officiellement accès. Il faut donc ruser pour passer outre ces interdits.

Ce qui me rassure dans tout ça? C'est que les Argentins ne sont pas dupes, tous ceux avec qui j'ai parlé de politique et d'économies m'ont dit la même chose. Ils sont sur une pente glissante, ils le savent, n'y peuvent pas grand-chose et ont donc décidé d'en profiter et de vivre bien, temps qu'ils en ont les moyens. Ils trouveront bien une façon de se relever, comme à chaque fois. Et s'ils avaient raison?

De la générosité des Argentins

 
Les Argentins sont généreux, y compris quand il s'agit de remplir les verres.
Avant de parler de Mendoza, de l'économie argentine et autres sujets ô combien important, un petit post consacré à la gentillesse des Argentins. Depuis mes mésaventures indiennes, j'attache une importance toute particulière à l'attitude des "locaux", alors que je n'y faisais pas particulièrement attention avant.
Et là, je dois dire que les Argentins ne sont pas loin de détrôner les Brésiliens dans mon cœur. On m'avait dit qu'ils étaient rudes, pas trop fiables, que les hommes étaient machos. J'ai peut-être eu de la chance jusqu'ici, je ne sais pas, mais voici quelques exemples piochés au fil de ces premiers jours.

  • Lundi matin, pluie battante, je décide de prendre le bus. 3,50 pesos, me demande le chauffeur. Misère, la machine ne prend que la monnaie et je n'ai que des billets. Je farfouille dans mes poches en attendant que le chauffeur me propose une solution. Finalement, une dame assise à côté demande au chauffeur combien je dois payer et prend mon billet sur sa carte, tout naturellement. Ce n'est pas grand chose, certes, mais j'ai trouvé ça tellement gentil. Personnellement, je ne suis pas sûre que j'aurais fait la même chose dans les mêmes circonstances...
  • Lundi soir, après un après-midi au cinéma (pluie oblige), je rencontre Pablo, un Argentin qui voulait pratiquer son Français et avec qui j'avais donc pris rendez-vous via conversation exchange. Deux heures à papoter de l'économie argentine, des différence France/Argentine, de politique... Je m'absente trois minutes et découvre qu'il a payé l'addition. Arrivés au métro, il passe naturellement sa carte à ma place en me disant que je ne vais quand même pas faire la queue pour juste acheter un billet. Encore une fois, c'est pas grand-chose et pourtant, c'est super gentil.
  • Aujourd'hui, je débarque à l'hostel de Mendoza où j'ai réservé un lit dans un dortoir. "J'ai une chambre privée inoccupée, alors je te la donne, pour le même prix", m'annonce Miguel. Et me voici donc avec ce qui sera probablement ma seule habitation privada, pour pas un peso de plus.

>> Générosité dans l'assiette et dans les verres également. A Buenos Aires, le petit déjeuner était tellement copieux que je tenais jusqu'au soir sans manger. Quant au vin... Je n'ai pas encore réussi à fini un seul de leurs verres tellement ils sont... Impressionnants. Au moins deux verres parisiens, au bas mot.

Bref, ces petites scènes du quotidien illustrent une sensation générale : ici, les gens sont prêts à aider et à s'entraider et ça fait du bien.

lundi 16 septembre 2013

Il paraît que l'hiver, c'est la saison sèche...

J'ai croisé Mafalda sous la pluie :)
Comment dire... Environ 48 h que je suis là, dont 35 de pluie sans discontinuer. Ca a commencé doucement hier matin, une fine pluie en arrivant au cimetière de la Recoleta. Je me disais que c'était de circonstance. Et ça s'est rapidement arrêté, donc pas de souci. Vers 14h30 rebelote, doucement d'abord, puis de façon un peu plus intense. Pas la grosse averse mais la pluie fine, qui pénètre et transperce, vous laissant frigorifié et mouillé même après vous être changé. Hier soir, j'ai quand même persisté et décidé d'aller au resto dans San Telmo, le quartier bohème des routards où je n'avais pas encore mis les pieds. Le temps de quelques empenadas et d'une bonne assiette de frites, la pluie avait redoublé de violence... 15 minutes à pied plus tard, j'arrive à l'auberge dégoulinante "mojada hé?" me lance le mec de l'accueil. Un peu, oui. "Mais c'est normal, on attendait ce mauvais temps, on n'a pas eu d'hiver" m'explique-t-il avec le sourire. Ah bin oui je comprends, le problème c'est que moi j'en ai eu un, d'hiver, alors j'aurais bien passé la pluie.
Ce matin, j'avais l'impression que le décalage m'avait fait me réveiller trop tôt. Non non, il était bien 7h30 mais le soleil était toujours en grève. Au petit déj', la pluie tambourinait sur la véranda. Mais bon, je n'allais quand même pas rester enfermée à cause de quelques gouttes de pluie, si? Je suis normande quand même ! Je demande à Wendy, à l'accueil : "Tu sais où je peux acheter un paraguas?" Oui juste en bas il y a un vendeur me dit-elle. Délestée de 40 pesos me voici donc avec un parapluie flambant neuf... Il m'aura fallu moins de 15 minutes pour réaliser que les parapluies bon marché en Argentine sont comme les parapluies bon marché en France : jetables. A peine le temps d'arriver à la plaza 15 de Mayo, le mien finit à la poubelle, les baleines complètement détruites. Ah oui, parce que j'ai oublié de préciser : il pleut oui, mais en plus il y a du vent!

Même sous la pluie, la Boca a du charme.
Obstinée je suis, je persiste donc à arpenter les rues de San Telmo. C'est effectivement mignon, avec des maisons plutôt que de grands immeubles à la parisiennes. Mais je n'ai pas de photo à vous montrer, trop compliqué de sortir l'appareil sous la pluie. Un café con leche plus tard, je décide de filer vers la Boca, le quartier le plus touristique de Buenos Aires. Et pour cause : il est à lui seul l'image d'Epinal que nous avons de l'Argentine. Pourtant, ça commençait mal. La boca est un quartier pauvre, très pauvre. Un jour, un artiste du coin eut l'idée de demander aux habitants de repeindre leur maison, histoire de mettre un peu de couleur sur ces habitations de bric et de brocs (du bois et des tôles, globalement). Chacun débarqua avec des fonds de pots de peinture. Résultat : une rue complètement bariolée, au charme fou (même sous la pluie, oui). Aujourd'hui, il ne reste plus que des restaurants et des magasins pour touristes, mais la magie opère quand même. Sauf que sous la pluie, la balade prend un côté fin du monde, surtout quand il s'agit de traverser les entrepôts pour rejoindre le centre-ville.
Arrivée à l'auberge, je capitule : mon sac à dos est plus trempé qu'une éponge, mes chaussures pourtant étanches sont sur le point de rendre l'âme, mon jeans a déteint sur mes jambes qui sont bleues, mon écharpe est bonne à essorer... Cet après-midi, je vais au ciné !

Eva, Evita, Argentina definitly cries for you

Comme tous les touristes qui débarquent en Argentine, j'ai cette chanson dans la tête depuis des jours, "Don't cry for me Argentina", originellement comédie musicale, rendue célèbre par le film Evita dans les années 1990.

Eva est partout, y compris sur les façades des immeubles les plus modernes.
Evita, c'est Eva Peron, la femme de Juan. Si célèbre et adulée des Argentins qu'on en oublierait presque que c'était Juan le président. L'histoire commence comme un conte de fée. Eva Duarte et pauvre et joue l'actrice. A l'occasion d'une tournée politique, elle rencontre Juan. Passionnée, elle se lance dans un véritable combat pour défendre les plus pauvres et les femmes. Très vite, elle devient hyper populaire auprès des classes populaires. Une icône, une sainte presque aux yeux de certains. Cette image intouchable se trouve renforcée à sa mort tragique, à 33 ans, des suites d'un cancer du col de l'utérus. Une légende est née, mais elle va mettre plus de 20 ans avant de pouvoir reposer en paix. Son mari n'est plus vraiment le bienvenu en Argentine, il s'exile en Europe, le corps d'Eva, embaumé est secrètement inhumé pendant plusieurs années en Italie, avant que Juan Peron et sa nouvelle femme, Isabel, ne parviennent à le faire venir à Madrid, où ils vivent en exil depuis les années 50. Ce n'est qu'en 1976 qu'Eva rejoindra effectivement le caveau familal Duarte, dans le joli cimetière de la Recoleta, à Buenos Aires.

Alors qu'en Europe l'image du couple (enfin de Monsieur surtout) est "discutée" sinon discutable, ici, Eva est littéralement partout. Musée, nom de rue, immeuble, billet de banques, photos dans quasiment tous les musées et même dessins sur la façade d'un immense immeuble ! Eva Peron, c'est la Marianne des Argentins. Une histoire à la Lady Di qui continue de les bouleverser.

Le caveau familial des Duarte est parmi les plus fleuris du cimetière de Recoleta.
A tel point que dans les années 1990, lorsque Madonna campa la jeune femme pour le film Evita, elle eut comme qui dirait quelques soucis avec la population locale, qui ne voyait pas d'un très bon œil le fait que son héroïne chérie prenne les traits d'une chanteuse... sulfureuse disons. Résultat: l'équipe a du finir le tournage à... Budapest! Oui, quand même... On ne rigole pas avec Evita !

Quant à Juan, après un exil d'une vingtaine d'années, il revient au pouvoir en 1973, mais meurt environ un an plus tard, permettant ainsi à Isabel, sa troisième femme, de "régner". Elle est présentée ici comme une pâle copie d'Eva et bien qu'elle ait eu un rôle politique plus important, je n'ai pas encore trouvé une seule photo d'elle.

dimanche 15 septembre 2013

Buenos Aires, l'Américaine

La célèbre Plaza de Mayo, avec au fond le palais du gouvernement.
Eh bien je vais vous dire une chose : si je n'avais pas été sûre de prendre le bon avion, si je n'avais pas scruté le trajet pendant 10 heures et entendu le pilote nous souhaiter la bienvenue à Buenos Aires, j'aurais pu croire que j'avais atterri quelque part en Californie ou au nouveau Mexique. Envidemment, je suis là depuis moins de 24h et je suis qu'en m'engouffrant un peu plus dans la ville, je vais voir bien des différences. Mais pour qui connaît l'Amérique du sud type Bolivie/Pérou, Buenos Aires n'a juste rien à voir. Buildings modernes, panneaux lumineux type Broadway, grandes avenues d'une propreté irréprochable, Carrefour market à tous les coins de rue, écrans plas, wifi dans tous les bars et restos, CB acceptée partout, grandes artères commerciales et même grands MALLS... La première impression en arrivant à Buenos Aires, c'est qu'on a débarqué en Amérique certes, mais plutôt du Nord que du Sud. Pour l'instant je ne me suis promenée que dans le Centro donc ce n'est pas nécessairement représentatif mais dans certaines petites rues, avec les petits cafés bobos, les terrasses mignonnes, tout ça... J'avais l'impression d'être à Montréal :) Au point qu'hier soir j'ai oublié que je n'étais pas censée boire l'eau du robinet ici. Bon, pas malade pour l'instant!

La différence, je l'ai surtout sentie en explorant le côté politique de l'Argentine. Hier, malgré une dette de sommeil bien bien avancée, j'ai mis le nez dehors. Première escale : la place 5 de Mayo, la fameuse, celle où les femmes sont les fils ou les mari avaient "disparu" défilaient chaque jeudi en tournant. On les appelait les folles de Mai, sauf qu'elles étaient tout sauf folles, les pauvres. La place 5 de Mayo c'est le centre politique de l'Argentine. De nombreuses manifestations s'y déroulent, en face du Palais du gouvernement. Il  y a même des anciens combattants qui réclament réparation, installés dans une tente au milieu des banderoles.

Au fond, la casa rosada, un "palais" effectivement très rose (les goûts et les couleurs...) où siège le gouvernement. D'où les manifestations de la place de Mai. La visite guidée (gratuite et très intéressante!) nous entraîne dans une succession de pièces assez luxueuses. La galerie du bicentenaire expose les portraits de nombreux "patriotes de l'Amérique du Sud". Che Guevara y figure en bonne place, mais aussi et surtout Juan et Eva Peron. Mais ce sera l'objet de mon prochain post. Il y a tant à dire sur Evita...

PS : ah oui, tout de même, en prime une photo de cette fameuse Plaza 5 de Mayo, autre gros progrès de ce blog 2013 avec les accents et la ponctuation! :)

samedi 14 septembre 2013

Esta, ouvre moi les portes de l'aéroport

Hier, j'ai eu la frayeur voyage de ma vie.
Après une matinée de boulot sur les chapeaux de roue, j'ai donc traîné mes guêtres (enfin, mes chaussures de randonnée) et mon sac de voyage à Orly, direction l'Argentine. Le bon vin, le tango, don't cry for me, tout ça tout ça. Arrivée bien en avance, je tends, pleine d'assurance, mon passeport flambant neuf à l'hôtesse qui enregistre mes bagages.
Small talk, l'Argentine c'est super etc. "Et vous avez bien votre autorisation Esta?" me demande-t-elle en souriant. Moi : "Euh, bin nan puisque je vais en Argentine, pas aux US." "Oui, mais vous posez les pieds sur le sol américain, vous allez donc devoir passer la douane américaine, récupérer votre bagage puis le réenregistrer. Donc : il faut vous une autorisation Esta. Sinon, ils vont vous renvoyer et ça coûtera 7000 euros d'amende à la compagnie", m'assène-t-elle, toujours avec le sourire! Il y a une borne internet juste à côté m'explique-t-elle, je n'ai qu'à m'inscrire, des fois ça marche tout de suite, des fois ça prend 24 h, auquel cas je serai bien obligée de changer le billet pour le lendemain. Gloups.
Pas le temps de pester contre ces Américains qui, décidément, ont une façon un peu particulière de gérer les flux migratoires. Je sais que je l'ai déjà dit mais je le répète : ils n'ont pas l'air de réaliser que la menace vient surtout de l'intérieur. Ni que s'ils ne nous faisaient pas entrer sur le territoire américain, bin on ne constituerait pas une menace du tout! Je veux dire, dans les autres aéroports, quand on est en transit, on reste en zone internationale et tout se passe bien quoi...
Bref, tremblante, je pianote sur mon téléphone en priant pour que la batterie ne me lâche pas au dernier moment. Nouveau moment de solitude : je dois remplir les champs obligatoires "Adresse aux Etats-Unis"... Mais puisque je vous dis que je ne vais pas aux Etats-Unis!!! Je me résous donc à mentir et à dire que je vais à Brooklyn... Après quelques minutes de moulinage, coup de bol : autorisation acceptée du premier coup, bienvenue aux Etats-Unis! Ca change rien, je ne vais PAS aux US je vous dis!
Bon, heureusement, la suite du voyage est moins mouvementée. Arrivée à JFK, mon rhume s'est largement dégradé et je lis avec anxiété les panneaux "grippe aviaire" qui nous disent que si on a des frissons, le nez qui coule et mal au crâne, on ferait peut-être bien de ne pas rentrer aux US. Je fais donc de mon mieux pour avoir l'air en forme. Et ça doit marcher à peu près puisque je n'ai jamais passé une frontière américaine aussi rapidement. Petit kif du jour, le douanier me re-regarde après avoir scruté mon passeport : "Wow, you're 35? I thought you were 23!" Bon OK, il y a donc des douaniers américains sympathiques ;)
Bien arrivée à Buenos Aires, depuis 2 h, mais ça, ce sera pour le prochain post. Et là, il y aura des photos!
Au fait, vous avez remarqué? Maintenant je peux mettre des accents et de la ponctuation, j'adore mon mini-PC, j'espère ne pas me le faire chourrer d'ici la fin du voyage :)