jeudi 6 octobre 2016

La douceur de vivre à Viñales

Viñales, ses mogotes et sa vallée du silence
Après deux jours menés à un rythme d’enfer à la Havane, j’avoue que j’avais envie d’un peu de calme et de douceur… Rien de tel que Viñales, dans le « triangle du tabac », pour se mettre un peu au vert. Un tout petit village, qui compte plus de touristes que d’habitants, sans que cela soit pesant pour autant. A peine débarquée, je me mets donc en quête d’une « casa particular », l’équivalent cubain des B&B et, de loin, la façon la plus sympa et la plus authentique de se loger. Coup de chance : je tombe très vite sur Lidia et Juan… Un couple de retraités, qui louent deux chambres dans leur maison ultra kitch mais aussi ultra propre, accueillante et confortable. Première occasion pour moi de tester la légendaire hospitalité cubaine. Qu’on se le dise : sa réputation est méritée. Accueillants, ouverts, disponibles, Lidia et Juan m’ont tout de suite dit que j’étais chez moi (moyennant finances, on s’entend !). Et de fait, je m’y suis sentie particulièrement bien pendant ces deux jours de villégiature.
Bref, revenons-en à Viñales : ici, on vient pour visiter les plantations de tabac, de canne à sucre et voir les mogotes, ces sortes d’excroissances calcaires qui font un peu penser aux pains de sucre brésiliens. Un vrai dépaysement ! Les possibilités de randonnées (avec guide) sont nombreuses et toutes parsemées de visites plus ou moins culturelles. Je sais donc désormais comment fabriquer un cigare (en théorie), comment récolter et préparer du café et j’ai aussi appris ce qu’était la vitamine R, que les Cubains utilisent sans modération… Bah oui, le Rhum quoi !
A ne pas manquer, la randonnée du soir, qui permet d’admirer le coucher du soleil depuis les hauteurs du restaurant bio El Paraiso : magique ! Et rentrer à la tombée de la nuit, tranquillement, alors que la chaleur est retombée… Un vrai bonheur !

Infos pratiques
>> Pour se rendre à Viñales depuis la Havane c’est facile : bus Viazul à acheter à la gare routière du même nom, c’est le moins cher. Plus pratique : acheter un billet Transtour dans une agence de voyage, présente dans la vieille ville
>> Chez Lidia et Juan, 22 calle Rafael Trejo. Tél. 48 6967 45

lundi 3 octobre 2016

Habana vieja, Centro Habana… Côté face et côté pile


Habana vieja

Par chance, j’avais choisi un peu au hasard une auberge de jeunesse située à la fin du quartier de Centro Habana. Sans cela, je n’aurais probablement jamais eu l’idée d’y faire un tour. Bon, j’avoue que quand j’ai compris que je devrais marcher 20 minutes (10 selon le propriétaire de l’AJ, qui doit courir, sans doute) en plein cagnard pour rallier le centre historique, je n’ai pas immédiatement trouvé ça génial… Surtout pas ce premier matin, vers 9 h où, après une nuit dans un dortoir de 8 lits grinçants (avec en prime deux ronfleurs), je me suis mise en route pour le quartier touristique, Habana vieja. Eau croupie dans le caniveau, odeurs mélangées de vieilles poubelles et d’urine, immeubles et rue ravagés, des portes et des fenêtres ouvertes sur des appartements insalubres où tout le monde s’entasse dans une seule pièce… Bref, un dénuement sinon total du moins bien prononcé… Je commençais presque à me demander ce que les touristes pouvaient bien trouver de si envoûtant à la Havane… jusqu’à ce que j’arrive à la fin du boulevard San Rafael et que je découvre… La vieille ville ! Qui en fait est beaucoup plus « neuve » (ou plutôt rénovée) que le centre. Un vrai décor de cinéma, juste assez abîmé pour avoir quand même l’air vrai. Palais coloniaux, places ombragées aux monuments majestueux, groupes de musiciens littéralement à tous les coins de rue… Je dois dire que Habana Vieja est un véritable enchantement pour les yeux et pour les oreilles (pour le nez, il va encore falloir améliorer le tout-à-l’égoût et le ramassage des poubelles) ! Et de l’ombre avec ça, histoire de ne pas mourir tout de suite de la chaleur.
Centro Habana...
En réalité, il y a 10 ou 20 ans, la vieille ville ne ressemblait pas du tout à ça. Le gouvernement a fini par comprendre l’intérêt de miser sur le tourisme culturel, et un vaste programme de rénovation a permis de redonner ses lettres de noblesse au quartier. Et ce n’est pas fini, ici et là, les travaux continuent, notamment pour créer une promenade arborée au niveau de l’ancien port.
Au-delà du plaisir de se promener dans ces rues animées, où l’on imagine si facilement la vie du 19e, presque palpable, un léger malaise survient, notamment aux abords de la calle Obispo, où touristes et Cubains déambulent pourtant avec plaisir. Ici, restaurants, bars et magasins supposément destinés aux Cubains se côtoient. Mais rares sont ceux, parmi les locaux, qui peuvent véritablement s’offrir les produits en vitrine. Que l’on ne trouve par ailleurs pratiquement nulle part. Bref, une rue « témoin », apparemment voulue par Fidel pour montrer au monde que Cuba va bien. Dommage que beaucoup de touristes se cantonnent à la vieille Havane et n’aient pas l’idée de pousser un peu plus loin. Un petit tour dans Centro Havana, ça remet pas mal les idées en place.

« Cuba, il faut venir maintenant ! »



S’il y a bien un point sur lequel tous les touristes que j’ai rencontrés s’accordent c’est que Cuba, « c’est maintenant ou jamais ». Ben oui, parce que maintenant que Barack est venu faire son petit tour et qu’il a allégé l’embargo, les Américains ne vont pas tarder à débarquer par troupeaux entiers. D’ailleurs, ils ont déjà commencé, le 31 août, avec l’arrivée du premier vol direct depuis la Floride (juste à côté, soit dit en passant). Et quand les Américains seront là, Cuba ne sera plus Cuba, mais se transformera en une sorte de Disneyland géant et inabordable. Et j’avoue que moi aussi c’est à peu près ce que je pensais en prenant mes billets d’avion : je voulais voir Cuba avant que l’île ne soit anéantie à coups de Big Mac et d’hôtels aseptisés. Je le pense toujours un peu, mais j’ai revu ma copie au contact des Cubains.
D’abord, la culture cubaine est quand même très riche, très forte, très enracinée. La fierté du peuple cubain se niche notamment dans ses us et coutumes et j’ai du mal à imaginer qu’il puisse accepter de se remodeler aussi facilement qu’on l’imagine. Peut-être que certaines villes, comme Varadero, seront les futures Cancun de Cuba. Mais soyons positifs : Cancun n’a pas défiguré le Mexique dans son ensemble tout de même ! Et puis ici, Varadero est déjà le paradis des « all inclusive », ça ne devrait donc pas changer tant que cela
Surtout, plus j’y réfléchis, plus je trouve notre réflexion égoïste. Oui, les prix vont grimper, oui, il faudra composer avec les touristes américains, et alors ? D’abord, tous les Américains ne sont pas des gros bœufs qui rêvent de s’enivrer au rhum-coca au bord d’une piscine. J’en connais plein qui sont autrement plus voyageurs et aventuriers que la plupart des Français J.
Quant à l’économie… Cela fait plus de 50 ans que Cuba souffre de l’embargo américain, et que nombre de pays dénoncent cet embargo d’un autre temps. Pourquoi donc ne pas se réjouir et tenter d’y voir du positif ? C’est en tout cas l’état d’esprit des quelques Cubains avec qui j’ai eu l’occasion d’en discuter (tous dans le tourisme, c’est sûr) : l’ouverture aux Etats-Unis, pour eux, c’est surtout plus de clients, plus de rentrée de devises et l’espoir d’une vie où l’on manquerait un peu moins de tout. Ils n’ont pas l’air d’avoir peur, au contraire, c’est plutôt l’espoir qui domine. Et puis, de toute façon, Cuba compte déjà plus de vieilles (voitures) américaines que toute l’Amérique du Nord réunie !

Hasta la victoria, siempre !

Bon, Cuba n’étant pas encore précisément le pays de la liberté de parole, les connexions internet sont quasi-inexistantes. Pour cette fois, je vais donc poster tous mes billets à mon retour de voyage. Et ils n’auront pas nécessairement un ordre chronologique, mais plutôt des thématiques. Bonne lecture !

Vendredi 2 septembre, 21h, aéroport de la Havane. La première chose qui frappe au sortir de l’avion, c’est la chaleur humide, pesante : pas le temps de descendre la passerelle qu’on est déjà ruisselant de sueur. Ah oui tiens, on l’aurait presque oublié, mais Cuba est quand même au beau milieu des Caraïbes. 90% d’humidité, 35 degrés à l’ombre… « Oui, en septembre c’est une température normale. Ca faiblit un peu en octobre/novembre, confie Dany, un guide de Vinales. Et puis l’hiver, en décembre et janvier, il fait froid : 27/28 degrés en moyenne ». Chacun sa définition du froid, donc.
Bref, la 2e chose qui frappe, une fois la passerelle descendue, c’est… Fidel. Il est littéralement partout. On en arriverait presque à se demander si ça fait bien dix ans qu’il a officiellement cédé le pouvoir à Raul (dont je n’ai aperçu l’image qu’une fois en deux semaines, et encore, accompagnée de celle de Fidel). Panneaux sur l’autoroute, murs peints à son effigie, sans compter les innombrables affiches pour lui souhaiter un « Feliz 90, y mucho mas ». Assez fréquent également, des citations du célèbre monsieur, placardées sur les murs ou même les devantures des magasins. Ce qui peut parfois faire sourire jaune, comme sur cette devanture d’une libraire. « Lire, c’est apprendre, et apprendre c’est un pas vers la liberté ». Il semblerait qu’ici, il manque encore quelques pas pour y parvenir, malgré un taux d’alphabétisation (officiel) de presque 100%.
Mais Fidel a un concurrent. Mort, de surcroit, ce qui le rend d’autant plus indétrônable. Le Che, son fameux compagnon d’arme à la fin des années 1950. Visiblement, Ernesto est encore plus populaire auprès des jeunes Cubains, qui l’arborent sur leurs T-shirts, leurs casquettes ou même leurs porte-clés.
Au-delà de l’affichage, le pays compte plusieurs musées à la gloire de la « révolucion ». A la Havane, ne pas manquer de faire un tour vers le « mur des crétins », juste à côté des toilettes (forcément) ! On se délecte des caricatures de Reagan et des Bush, père et fils, tous se voyant remerciés pour avoir fait avancer, à l’insu de leur plein gré, la cause « socialiste » cubaine !
Le plus frustrant au final, c’est de ne pas pouvoir en discuter avec les Cubains. De l’extérieur, ils semblent porter une sorte de respect, teinté de ce qui ressemble à de la tendresse, pour celui qui les « guide » depuis 1959. Mais ce n’est évidemment pas le genre de sujet qu’on ose aborder de front, même autour d’un mojito bien dosé !

vendredi 2 octobre 2015

Sumatra, son huile de palme, ses feux

Pour le touriste, Sumatra, c'est l'île écolo par excellence: des parcs naturels immenses, des espèces animales endémiques et beaucoup d'efforts pour développer une agriculture responsable. Du moins, c'est ce qu'on lui montre. Mais ça ne prend pas beaucoup de temps pour trouver le revers de la médaille.
En fait, pour Sumatra, l'environnement se résume à deux problèmes essentiels et liés: les feux et les palmiers à huile. Les feux, c'est presque une tradition : chaque année, les agriculteurs (et peut-être quelques autre acteurs...) font des brûlis pour enrichir les terres. Le problème, c'est que ça prend souvent des proportions énormes et plus ou moins involontaires (apparemment plutôt volontaire, si on en croit le locaux): des hectares de forêt prennent feu et des fumées incontrôlables envahissent le pays, mais aussi les voisins, notamment la Malaisie et Singapour. Résultat: un taux de pollution hors du commun, des avions cloués au sol et un manque à gagner important pour l'économie. Chaque année, le président indonésien promet à ses voisins que c'est la dernière fois, et chaque année, ça recommence. Au point que parfois, dans le sud de Sumatra, on ne voit rien à 50 mètres!
Une des raisons pour lesquelles ces feux persistent, c'est que ça permet de faire de la place pour les palmiers. Une culture pas du tout traditionnelle ici, mais qui s'impose et gagne peu à peu du terrain. Il faut dire que les fruits de l'huile de palme se vendent 1 fois plus chers que le traditionnel caoutchouc. Au point que même le gouvernement indonésien y succombe: il loue ou vend des terrains aux entreprises malaisiennes, qui viennent y planter leurs palmiers. C'est qu'en plus la culture exige beaucoup d'eau et perturbe l'écosystème alors... Pourquoi le faire chez soi?

jeudi 1 octobre 2015

Survivre à la jungle et aux orangs-outans !


Mina la caractérielle
Voilà, j’ai survécu à ce qui aura été, de loin, l’étape la plus roots de mon voyage. La dernière étape aussi puisque, toutes les bonnes choses ayant une fin (de même que mes économies), il va désormais falloir penser à rentrer.
Bref, donc lundi soir, je suis arrivée à Bukit Lawang. Encore une fois, le trajet ne fut pas une mince affaire : 2 vols avec Lion Air, une compagnie sur la liste noire européenne (mais bon, comme la plupart des compagnies indonésiennes, donc parfois on n’a juste pas le choix) : 2 heures de retard au compteur et encore 5 heures de voiture pour faire 70 km pour arriver tout au bout de la route. Après, il n’y a plus rien, juste la jungle.  Le trajet se termine d’ailleurs à moto pour arriver jusqu’à mon hôtel, pratiquement le dernier du village. Aujourd’hui, même si le confort est rudimentaire, les hôtels et les guest-houses ne manquent pas. Un véritable renouveau pour ce village, victime d’une inondation-flash en 2003, qui a fait presque 300 morts. Il faut dire que la rivière au bord de laquelle est construit Bukit Lawang est plutôt du genre nerveux. Bref, ici, tout le monde a perdu des proches dans la catastrophe et le sujet revient souvent.
Tout ça pour dire que débarquer à Bukit Lawang, c’est déjà pénétrer dans un monde à part, bienveillant mais pas forcément rassurant au premier abord pour le touriste. Mais ce n’est RIEN comparé à la journée qui l’attend le lendemain s’il a décidé de s’aventurer dans la jungle. Ce qui fut mon cas bien sûr. Moi aussi je voulais voir les orangs-outans ! J’ai donc opté pour un trek de 2 jours, le plus populaire ici car il permet de vraiment s’imprégner de la jungle, sans pour autant passer trop de nuit sous la « tente ». Nous sommes donc 4, deux guides, un touriste australien du genre Indiana Jones des temps modernes, et moi, à nous lancer sur le petit sentier escarpé. L’effort est soutenu, mais il est vite récompensé puisque nous apercevons notre première maman orang-outan, avec son bébé de trois ans. Ici, les orangs-outans sont « semi-wild » : ils ont été soignés dans un centre tout proche puis remis en liberté. Pour faciliter leur ré-acclimatation, le centre  met de la nourriture de base à la disposition des mamans, quand elles ont des petits. Pas facile de décrire ce spectacle vraiment hors du commun. Perchée dans son arbre, la maman nous observe placidement, pendant que le petit joue en passant d’une branche à l’autre. Contrairement à d’autres singes, les orangs-outans ne descendent presque jamais sur la terre ferme, pour éviter leurs prédateurs, les tigres et les pumas notamment (ah tiens, donc ce soir on dort à la belle étoile, dans un endroit où il y a des tigres ? Nice…). Si Madame Orang-Outan n’a pas spécialement l’air surprise, encore moins émerveillée de nous voir, pour les touristes le spectacle est saisissant. C’est qu’ils ont vraiment l’air tout droit venus de la préhistoire, ces bonhommes poilus au visage expressif. Un peu plus loin, nous croisons Mina, une autre maman, célèbre pour son mauvais caractère. Et ça ne manque pas : à peine voit-elle notre petit groupe débarquer qu’elle descend prestement de son arbre et  s’accroche au sac à dos de notre guide, l’empêchant de passer. Mina veut à manger et sait très bien que nous transportant tout un tas de nourriture. Elle aura donc droit à quelques bananes. « Entrance fee ! » nous explique notre guide. En réalité, normalement, on n’est pas censé les nourrir, ni les toucher : ils sont sensibles aux maladies humaines et on risque de contaminer toute la communauté. Au total, nous verrons une dizaine d’orangs-outans, et plein de macaques, Thomas leaf monkeys et autres petites bêtes du coin. De quoi oublier les kilomètres d’escalade déjà engloutis.
Mais ce que j’ignore à ce moment-là, c’est que le plus dur reste à venir : en début d’après-midi, la pluie tropicale commence doucement, puis s’intensifie, pour se terminer en véritable déluge. Imaginez un trek dans la jungle, en terrain abrupt, sur de la terre glaise. Voilà voilà. « Attention, l’hôpital le plus proche est très loin, à Medan », prévient un des guides. Très rassurant, en effet.
Finalement, nous arrivons sains et saufs au campement. Je ne peux pas en dire autant de mes chaussures détrempées, encore moins de mes fringues, dont je me demande comment je vais les faire sécher dans une ambiance aussi « humide ». Car dans ma grande naïveté, et dans le but de voyager léger, je n’ai emporté absolument aucun change ! Me voilà donc en maillot de bain et paréo, à attendre gentiment que mes affaires sèchent au coin du feu.
Le fameux "campement"
Quelques mots sur ce fameux « campement » où nous nous apprêtons à passer la nuit, au bord de la rivière. Je parlerais plutôt d’un abri, composé de bâche et de tôles. Sur le sol, on a posé un plastique, sur lequel le guide étale une natte : c’est là que je vais dormir cette nuit, face à la rivière et dans cet abri de fortune ouvert aux quatre vents… Pour se donner du courage et « pour être sûr de dormir », mon guide et Luck, l’Australien, entament le concours de celui qui fumera le plus d’herbe. « You become one with the Jungle » m’explique Luck. Bon, ma curiosité n’ira pas jusque-là, j’aimerais autant avoir toute ma tête si jamais un tigre ou des moustiques (plus vraisemblable tout de même) débarquent en pleine nuit !
Un excellent dîner : vegetable curry et poulet !
Le dîner, préparé sur un feu au bord de la rivière par les petits cuisiniers du campement (des ados !) est incroyablement savoureux ! Un vrai régal avant d’aller s’allonger sur cette natte posée à même le sol. Gloups. Bon, je ne sais pas si ce sont les 6 heures de marche dans la glaise, les vapeurs de  la fumée de ma « team » ou le bruit de la pluie battante sur le toit de tôle mais en tout cas, j’ai beaucoup mieux dormi que ce que je craignais ! Au point d’enchaîner cette 2e journée avec une facilité déconcertante : escalade pour arriver à une cascade, parfaite pour une baignade rafraîchissante puis retour au village en « tubing », une sorte de rafting local : quatre énormes chambres à air attachées ensemble : un guide sur la première et la dernière chambre à air, avec les bagages, les touristes sur celles du milieu et c’est parti pour la descente des rapides ! Bon, il faut s’accrocher, s’assurer que les bagages sont bien emballés dans du plastique mais sinon, quelle sensation ! Et quelle rapidité aussi : en moins d’une demi-heure, nous sommes de retour au village !

En pratique
>> Pour se rendre à Bukit Lawang, le plus simple est d’arriver à l’aéroport de Medan et d’organiser un taxi avec une agence du village. C’est assez cher, mais il vient vous attendre à l’aéroport et vous emmène directement à votre hôtel. Compter environ 4 heures de route. C’est faisable en transport public aussi, mais super long et compliqué : d’abord se rendre à la gare d’autobus de Medan puis prendre le bus local et ensuite louer un becak pour se rendre au centre du village.
>> Les hôtels ne manquent pas ici. Je suis au Garden Inn, qui possède plusieurs types de chambres pas trop chères et au confort inégal. C’est propre, le resto est bon, le patron parle hyper bien français.  Pas de wifi par contre. Le top du top apparemment c’est l’Eco Lodge, de l’autre côté de la rivière.
>> Pour aller dans la jungle, il est obligatoire d’avoir un guide (de toute façon, ce serait totalement impossible sans guide) : il y a plusieurs agences ici. Si vous voyagez seul, il faut mieux prévoir à l’avance, parce qu’il faut être au moins deux pour partir. Je suis partie avec Sumatra Jungle Tour. Des guides sympas, même si le mien avait franchement tendance à beaucoup trop fumer. Leur campement est plus rudimentaire que certains. Les prix sont à peu près les mêmes partout : environ 70 euros pour deux jours de trek, tout compris.
>> Pour le trek, bien prévoir des vêtements de rechange, une lampe torche, de l’anti-moustique mais aussi de quoi vous occuper le soir (il fait nuit à 18h). Beaucoup plus difficile que ce que les guides laissent entendre, donc à réserver aux personnes en forme, qui n’ont pas peur de grimper ou d’escalader un peu.